La philophobie, la peur de tomber amoureux
Date :
11 Juil. 2024
Rédacteur :
Maryse BIZOUARN
Partager sur :

rtbf.fr - 09 juillet 2024

Lorsqu’on tombe amoureux, pour certains, c'est le début d'un conte de fées. Mais pour d'autres, c'est une source d'angoisse. De nombreuses personnes fuient par crainte de l'amour. Une phobie bien réelle appelée "philophobie".

Issue du grec ”philo” (”amour”) et ”phobos” (”peur”), la philophobie désigne la peur intense et irrationnelle de tomber amoureux ou de s’engager dans une relation amoureuse. Cette peur peut être tellement paralysante qu’elle empêche la personne de former des liens affectifs ou d’approfondir des relations existantes.

L’attachement vécu comme une menace

La philophobie est considérée comme un trouble à part entière. Comme les autres phobies, elle a des conséquences néfastes sur la santé mentale de la personne qui en souffre. Mais quelles sont les origines de cette peur de l’amour ?

La philophobie est souvent liée à un traumatisme passé, par exemple un divorce, un lien d’attachement insuffisant et non rassurant pendant l’enfance ou des ruptures brutales qui font croire à la personne que l’amour et l’engagement n’apportent que des aspects négatifs et qu’il faut s’en protéger”, souligne Line Mourey, psychologue clinicienne dans un article de Cosmopolitan.

L’individu évite de s’attacher pour ne pas souffrir.

Sans oublier les pratiques amoureuses toxiques nées des applications de rencontre telles que le ”ghosting” ou le ”gophering”, qui consistent à couper tout contact du jour au lendemain sans explications.

L’utilisation des applications de rencontres génère des pratiques ’amoureuses’ difficiles à vivre pour les personnes très sensibles, qui peuvent ressentir le besoin de couper les ponts avec les sentiments ou les relations amoureuses en général”, souligne Ariane Calvo, psychologue et auteure de ”L’autonomie émotionnelle” (Ed. Robert Laffont), dans un article de Santé Magazine.


L’auto-sabordage comme technique de défense

En réponse à ces différents facteurs, les personnes atteintes de philophobie développent des mécanismes de défense. Malheureusement, ces mécanismes peuvent impacter négativement leurs relations, que ce soit avec leur entourage ou leur partenaire.

Les personnes vont développer différentes stratégies de rejet qui affectent leur sociabilité, notamment un détachement marqué envers leurs proches. ”La personne va éviter de s’attacher aux gens et mettre énormément de distance avec les liens affectifs et émotionnels”, explique Line Mourey.

La psychologue remarque également que ces personnes ont beaucoup de mal à se montrer vulnérables avec les autres. ”L’individu philophobe prend ses jambes à son cou lorsqu’il s’attache et sabote la relation pour être quitté, renforçant ainsi ses croyances sur l’amour”, précise l’experte. À cela s’ajoute la recherche constante de conflits pour nuire à leurs relations amoureuses.


Déconstruire pour reconstruire

Comment dépasser cette peur de tomber amoureux ? Il faut avant tout identifier les symptômes.

Pour certaines personnes, trouver un partenaire capable de leur donner confiance et de les apaiser s’avèrera très thérapeutique mais cela demande beaucoup de patience et de compréhension”, remarque Line Mourey.

Consulter un(e) psychologue est vivement recommandé pour analyser les origines de la philophobie. ”On va identifier les schémas qui se répètent, comprendre pourquoi ils se répètent et travailler sur la motivation au changement”, analyse Line Mourey, avant de conclure : ”Ce sont des thérapies longues car on déconstruit tout pour reconstruire”.

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